Le travail des sols à la fin de l’hiver
13 mars 2012 par Redaction
L’entretien des sols viticoles a pour principal objet de maintenir des conditions favorables au développement de la vigne. Les labours font partie des façons culturales les plus anciennes à vocation d’amélioration des propriétés physico-chimiques et biologiques des sols.
A la sortie de l’hiver se pratique généralement un labour dit « de déchaussage » qui a pour effet de dégager la terre se trouvant sous le rang vers le milieu de l’interligne (espace dégagé entre les rangs). Les souches sont ainsi nettoyées, et ne demeure qu’une bande de terre le long du rang que l’on appelle le cavaillon. Celui-ci pourra également être totalement supprimé afin d’éviter la croissance de mauvaises herbes juste sous le pied.
Ce labour de fin d’hiver permet également d’enfouir les espèces herbacées indésirables déjà installées, de favoriser l’aération, l’ameublissement et le ressuyage de terres éventuellement gorgées d’eau, de faciliter la pénétration des eaux de pluie, d’éloigner la végétation du sol, afin de limiter les risques de gel et les premières contaminations de mildiou et de black-rot.
Ce travail est exécuté à l’aide d’une charrue vigneronne qui est une charrue multiple composée d’un bâti et de deux séries de corps de charrue. Le corps versant à droite sera placé sur le côté gauche du bâti, et le corps versant à gauche sur le côté droit, ceci afin de ramener la terre au milieu du rang.
Dans certaines situations, l’occupation du sol par une couverture végétale est recherchée pour limiter l’érosion et le ruissellement des eaux, faciliter le passage du matériel en favorisant une meilleure portance, et améliorer la structure des sols par effet racinaire.
L’enherbement a un effet limitant sur la vigueur des vignes (phénomène de compétition racinaire) et contribue à diminuer les risques de chlorose. Cependant, il existe également des effets indésirables. Une couverture herbacée maintient une humidité favorable au développement de champignons parasites (Botrytis cinerea, oïdium) et augmente les risques de gelée de printemps. En période sèche au contraire, l’assèchement du sol s’en trouvera amplifié. Et dans tous les cas de figure, le volume de sol exploitable par les racines de la vigne devient fortement diminué.
L’enherbement est une technique largement utilisée dans les vignobles conduits en vignes larges, où il est pratiqué de manière alternée un rang sur deux avec un semis d’espèces sélectionnées. Le passage d’un girobroyeur deux à six fois par an suffit à contrôler le développement de l’herbe.
Sous le rang et dans les rangs non enherbés, le désherbage chimique est parfois utilisé en tant que technique complémentaire afin de réduire le nombre des interventions. Généralement, un désherbage chimique judicieusement positionné en début de saison (prélevée), à l’aide de produits non phyto-toxiques pour la vigne aussi bien que pour l’environnement, autorise par la suite un entretien seulement mécanique (à l’aide d’un intercep). C’est le cas de figure idéal, à moduler en fonction des conditions climatiques printanières.

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