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Le millésime 2011 décrypté

13 septembre 2011 par  

Première partie :  Millésime précoce !

Partout en France la précocité est la caractéristique qui peut d’ors et déjà être retenue pour parler de ce millésime 2011. Hormis 2003 et son été caniculaire, jamais de mémoire de vigneron, les vendanges n’ont eu lieu si tôt dans l’année. Conséquence visible du réchauffement climatique, l’avancement des dates de vendange se confirme donc pour l’ensemble du vignoble français. Ainsi, globalement, c’est avec deux semaines d’avance sur les habitudes que les premiers coups de sécateurs ont déjà résonné dans les vignes, pour amener les fruits de cette année vers les cuves et les pressoirs.

Retour sur le déroulement contrasté d’une année menée tambour battant…

Climatologie et cycle phénologique

Cette année, c’est le printemps qui a tout de suite imprimé un rythme effréné à la croissance de la vigne. Précoce, mais surtout exceptionnellement chaud et sec, ce printemps 2011 aux allures d’été a permis aux bourgeons d’éclore et de se développer dans les meilleures conditions possibles. Ceci sous-entend que les vignerons ont littéralement couru après la nature pour réaliser les travaux nécessaires au bon développement de la végétation. Cependant, l’optimisme était de rigueur pour la plupart, et seul le spectre de raisins grillés ou encore d’une vigne stressée par le manque d’eau pouvait, par endroits, ternir le tableau.

Dés la première quinzaine d’avril (en fonction des cépages et des régions), les premiers bourgeons ont éclos et leur développement n’a été ralenti qu’à partir du début juillet – période à laquelle les conditions météorologiques se sont dégradées. Tout est allé très vite !

A de très rares exceptions de quelques terroirs, ou de certains cépages, qui ont put souffrir de l’absence d’eau, la vitesse de croissance de la vigne a été vertigineuse jusqu’au stade de la floraison où l’on comptait pratiquement trois semaines, à un mois d’avance, sur les dates habituelles. A ce rythme là nous aurions pu vendanger dès la mi-août, ce qui aurait été du jamais vu !

Au début de l’été donc, toute la profession ayant en tête le millésime 2003 anticipait les conséquences d’une telle avance, pour ne pas être pris de court. Cependant tous savaient que le chemin de la mise à fruit était encore long et semé d’embûches.

Tout d’abord, si la sécheresse perdure après la floraison, les grains ne peuvent grossir normalement et se développer. Même si la vigne peut aller puiser profondément l’eau du sol, un été trop sec aurait donc eu des répercussions négatives sur les rendements et la mise à fruits.

Ainsi c’est un certain soulagement qui a accompagné les premières averses de la fin juin. Malgré quelques forts orages parfois accompagnés de grêle (Margaux, Val de Loire, Châteauneuf, Mercurey… certains de nos vignerons ont été touchés), les pluies du début de l’été ont débloqué la situation dans la plupart des vignobles et permis à la vigne de poursuivre son cycle physiologique. Les grains nouvellement formés ont pu grossir et les grappes se sont bientôt fermées, avant de changer de couleur à la véraison.

A ce stade-repère pour les vignerons, situé environ 40 jours avant les vendanges, la précocité du millésime était encore sensible, même si le mois de juillet assez froid et pluvieux, avait réduit l’avance des vignobles du Nord et de l’Ouest de la France. Ainsi, de l’Alsace au Bordelais, en passant par la Bourgogne, tous les cépages avaient franchis le cap de la véraison une à deux semaines au moins avant les dates habituelles.

A la recherche de la parfaite maturité

Depuis la véraison, le compte à rebours est donc lancé et la tension est montée d’un cran dans tous les vignobles de France.

En effet, la condition sine qua none à la création d’un grand vin réside dans l’obtention de raisins d’une qualité irréprochable. Ainsi, en fonction du profil de vin recherché, les vignerons enchaînent actuellement les analyses chimiques et les dégustations des baies pour suivre leur évolution et choisir le meilleur moment pour les cueillir.

Cette recherche de la perfection pourrait se résumer à la simple attente de l’accumulation maximale des sucres dans les raisins… mais plus la maturité approche et plus les fruits deviennent sensibles à la pourriture. Quelques jours avant les vendanges, si les conditions météorologiques se dégradent, la pourriture grise des raisins peut obliger les vignerons à écourter la maturation et ce, parfois, au prix de la qualité.

Cependant, tous les vins ne sont pas égaux face à la maturité. Si les meilleurs vins effervescents naissent d’un parfait équilibre entre le sucre et l’acidité des raisins, les grands vins rouges sont issus des raisins poussés jusqu’au stade ultime de leur maturation. C’est pourquoi aujourd’hui, alors qu’il ne reste pratiquement plus de raisins sur les ceps de Champagne, les raisins noirs du Médoc ou de Côte de Nuits attendent encore patiemment que la main de l’homme ne vienne saisir le meilleur de ce qu’ils renferment.

Renaud Sounalet – Oenologue

Prochain épisode : tour de France des Vignobles

 

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