Si l’esthétisme explique aujourd’hui à lui seul cette démarche, il existe également deux autres raisons
plus historiques.
Autrefois, alors que les modélisations météorologiques et phytosanitaires n’existaient pas, les rosiers
donnaient en effet une indication de la pression des maladies. Car cette fleur est très sensible à
différents champignons comme l’oïdium, ainsi qu’aux pucerons. Bien qu’il ne s’agisse pas des mêmes
souches que celles qui attaquent la vigne, la présence de ces pathogènes sur les rosiers indiquait au
vigneron qu’il était temps de traiter !
De même, le labour et généralement le travail du sol se faisait alors à cheval, et il n’était pas rare
qu’en tournant en bout de rang, le quadrupède n’arrache un pied de vigne ou un piquet. Aussi la
plantation d’un rosier et ses fleurs rouges très visibles en bout de rang incitait très efficacement
l’animal à effectuer un virage plus large, entraînant la charrue bien hors du rang, et à mieux « viser »
au moment d’entrer dans le rang.
L’utile rejoignait alors l’agréable !
Joëlle Weiss, œnologue Mes Vignes
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