Des bouteilles de Champagne sous la Mer Baltique pendant plus de 150 ans !
19 juin 2012 par Redaction
Historique et romanesque ! Au XIXe siècle, une goélette fait naufrage dans la Mer Baltique entre la Suède et la Finlande. A son bord, entre autres, des bouteilles de champagne.
En 2010, des plongeurs trouvent 162 de ces bouteilles, intactes, dans la coque de l’épave, qu’ils remontent à la surface. Et là, c’est la surprise : la faible luminosité, la température froide de cette
mer (4-6 °C) et la contre-pression de la mer à cette profondeur ont permis de conserver le liquide intact dans la bouteille. Plus encore : lors du reconditionnement des flacons, les bouchons révèlent qu’il s’agit de champagne Veuve Clicquot, Heidsieck & Co et Juglar (une maison de Champagne disparue depuis).
Dès lors, c’est l’effervescence médiatique ! Un appel d’offre international est lancé, remporté par la société Artcurial pour la vente aux enchères de ces bouteilles exceptionnelles. Les maisons de Champagne concernées envoient une délégation de chefs de cave, historiens, oenologues et autres spécialistes qui authentifient les bouteilles et les datent d’environ 1839. C’est l’occasion de grandes opérations médiatiques autour de ces bouteilles sans équivalent.
Le 8 juin 2012, la vente aux enchères s’est déroulée à Åland, une petite île de Finlande près de laquelle s’est échouée la goélette. Prix de ces flacons uniques, acquis comme des trésors par des collectionneurs du monde entier et les maisons de champagne : entre 10 000 et 18 000 €/pièce. Avis aux amateurs, il reste encore 3 flacons !
Mais quel goût peut bien avoir un flacon après 170 ans passés sous l’eau ? Une des fameuses bouteilles appartenant à la maison Veuve Clicquot a été débouchée et dégustée par des invités, triés sur le volet, au cours d’une soirée prestigieuse où fut proposée aussi une verticale de 2008 à 1904 des crus maison.
La journaliste Sophie Claeys-Pergament, du quotidien champenois L’Union, a pu déguster quelques centilitres de cette potion magique : « le fameux 1839 […] versé respectueusement par Dominique Demarville [NDLR : le chef de cave de Veuve-Clicquot] dans de petits de paille d’étable, de cuir, certains ont même dit avec humour de « chaussettes sales ». Mais très vite les effluves évoluent vers le floral toute en gardant une puissance aromatique.
Au palais, on retrouve une liqueur (dosage 150 grammes quand même !) comme une « liqueur de vieux garçons », évoquent certains spécialistes. Ce goût étonnant reste en bouche de très longues minutes.
Une expérience inoubliable d’autant qu’elle est doublée de l’émotion d’avoir dégusté un vin qui a été élaboré lors de réunions d’assemblage où assistait la Veuve-Clicquot elle-même.
Joëlle Weiss, œnologue Mes Vignes

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